Paru cette semaine dans le journal 24h:

"On ne se rend pas compte de la valeur de la paix de nos villages » à lire ici: http://www.24heures.ch/vaud-regions/rend-valeur-paix-villages/story/31861218
 
Depuis quelques années les spécialistes de la planification des éoliennes vaudoises organisent des séminaires pour les aider à cerner  les paramètres susceptibles de freiner leurs projets. Ne me demandez pas de louer cette démarche, ce qui intéressent nos affairistes, c’est de mieux comprendre pour mieux berner. 

 Le 21 mai n’a pas été une partie de plaisir. Mais de ce vote, qui ouvre nos espaces naturels à la spéculation, une bonne nouvelle est sortie: les communes de Muriaux et de Saint-Brais ont voté contre cette SE2050. Avec d’autres bien entendu, mais celles-ci donnent une indication particulière sur le rapport de confiance que leurs habitants ont développé ces dernières années avec les éoliennes industrielles. Une chose est certaine, ceux qui vivent chaque jour avec ces machines sont particulièrement bien informés et leur décision n’est pas émotionnelle.

En cas de oui à la SE2050, une voie juridique royale s’ouvre au développement des 1000 éoliennes projetées en Suisse au nom de l’intérêt général. Plus de 900 projets sont ficelés et en attente des subventions promises par Swissgrid. Les défenseurs de cette SE2050 peuvent bien gesticuler et nier cette évidence, les faits sont là, indiscutables, et pourtant ils les discutent. Jour après jour nous entendons des politiciens rassurer sur le nombre d’éoliennes,  comme si ils pourront empêcher les promoteurs de poursuivre leurs buts lorsque la loi qu’ils portent en coulisse depuis des années entrera en vigueur! Je vous promets qu’aux lendemains de la votation, en cas de oui, les affaires vont reprendre et nous ne pourront plus rien empêcher. C’est maintenant et pas demain que nous pouvons encore agir en refusant une SE2050 qui nous tend la main pour nous couper le bras.

Avant le 20 mai, prenez de la hauteur, trouvez l’un de ces sites plongeant sur les Crêtes du Jura,  au Chasseron par exemple, et laissez-vous emporter par l’incroyable spectacle que la nature vous offrira à perte de vue. Laisser-vous envahir par cette onde puissante qui ne manquera pas de vous traverser. Face à cette immensité préservée de la boulimie industrielle, vous comprendrez pourquoi votre mobilisation contre la stratégie énergétique 2050 est vitale pour tout ce qui peuple ces  espaces naturels et sauvages. Ne laissons pas les intérêts des sociétés électriques  puiser-épuiser les ressources naturelles du Jura.
 
Que faire? Fiez-vous à vos compétences, on m’a fait quelques suggestions que je partage avec vous:

  - Doris Leuthard nous envoie ses meilleures pensées éoliennes pour Pâques dans l’Aargauerzteitung:

Extrait:
 
"Les Suisses allémaniques prennent la protection des paysages très au sérieux, c'est pour cette raison qu'ils préfèrent ce genre de projets chez leur voisin plustôt que devant leur propre porte, en plus il y a plus de place dans des régions comme le Jura ».

  Si vous avez des amis qui font de la politique, il faut les réveiller. Avant le mois de mai, la question du stockage non résolue à l’échelle industrielle et qui rend le développement des énergies intermittentes absurde doit être posée et débattue publiquement. D’autre part le fait que la carte des sites retenus pour les projets éoliens approuvés sur la liste RPC ne soit pas publiée avant la votation est indéfendable d’un point de vue démocratique. Explications:

 La campagne pour la votation du 21 mai, sur la stratégie énergétique 2050 (SE2050), a commencé. 

Les Crêtes jurassiennes seront les premières à subir les conséquences d’un oui. Il n’y a pas que du mauvais dans les intentions de cette SE, mais certains articles représentent un danger énorme pour notre environnement et nos droits démocratiques. Dans ce sens, elle n’est pas acceptable.

 Franches-Montagnes sous surveillance?  Stratégie énergétique 2050 ? Les éoliennes plus fortes que le charbon?

 

- Il y a 40 ans, les communes des Genevez, de Lajoux et de Montfaucon, sauvaient leur patrimoine historique en rachetant à la Confédération les terrains qu’elle destinait à l'implantation d’une place d’armes. Une grande manifestation commémorera ce morceau de notre histoire. Je lis ceci sur l’invitation: "Notre message s’adresse à toutes les générations de nos trois villages, celles qui savent et celles qui découvriront la bravoure de nos proches ancêtres qui se sont battus pour protéger ce coin de pays. » 

 Vous et moi nous le savons, chaque éolienne implantée en amène d’autres. Cela se passe en ce moment même aux Monts Soleil et Crosin.  Les Franches-Montagnes ont entrouvert la porte avec cet espoir fou de sortir du nucléaire ou d’être les pionniers d’un monde propre. Pour découvrir que ceux qui prétendent construire ce monde ne le font pas différemment que leurs prédécesseurs. Magouilles, mensonges, industrialisation pharaonique dont la grisaille est peinte en vert pour nous tromper. Derrière tout cela le néant idéologique, mais une formidable réussite pour ce qui est de piller les caisses publiques. De l’argent en vadrouille on ne sait où et des résultats que l’on attend encore. Le monde n’en fait qu’à sa tête et joue de nos peurs chaque fois que l’occasion se présente et qu’il y a quelque chose à gagner.

 Suisse:
Extrait d’un courriel envoyé à l’association les Travers du Vent :

"Contre le Projet « Kirchleerau-Kulmerau » (détails sur notre site www.pro-kulmerauerallmend.ch) , un comité de 3 personnes avait lancé une initiative pour ancrer dans le plan de quartier ( ?« Bauzonenordnung ») de la commune de Triengen une distance minimale de 700 m entre éoliennes de plus de 50 m de hauteur et toute habitation (et non seulement des zones d’habitation !) Ladite initiative avait recueilli 323 signatures, beaucoup plus que nécessaires. Or, le 2 mai dernier, le vote a eu lieu en assemblée communale. Et l’initiative « distance 700m » fut acceptée avec une majorité confortable (242 voix pour sur 377 participants) ! » Un résultat qui agace au plus haut point les promoteurs qui se fichent pas mal des arguments en faveur de la santé publique et qui ne s’inquiètent que des difficultés qu’ils vont maintenant rencontrer pour réaliser le parce prévu dans la région. Un vote dont on n’a pas entendu parler dans la presse romande !

 Chers amis de librevent,

 
Un long week-en déjà bien entamé. Puisque le soleil est de la partie vous aurez peut-être envie de chanter…
 
Lorsque j’ai vu quels paysages avaient inspiré la chanson "Terre jurassienne" à Monsieur Gueisbühler, alors instituteur à Souboz, je me suis demandé quelles seraient nos sources d’inspiration futures dans nos régions tellement menacées par des industries aussi conséquentes que celles liées à l’énergie. Aujourd’hui les éoliennes, demain? Les accords commerciaux ne feront qu’une bouchée des derniers remparts qui protègent les sites naturels.
 
Bref, restons légers puisque nous en avons aussi besoin pour affronter toutes les complications que ces acharnés de la pelle mécanique nous réservent.
 
Vous trouverez ici www.voisinedeoliennesindustrielles.com le chant "Terre jurassienne » revisité deux fois par voisine, qui s’est mise dans la peau d’un contemplateur du 21ème siècle…

  

Mont-Crosin:
Au Mont Crosin l’industrie gagne de plus en plus de terrain: 4 éoliennes encore plus grandes et encore plus puissantes viendront assombrir un peu plus l’horizon des jurassiens et participer à la transformation du Nord des Alpes en zone industrielle majeure:

 Le plus difficile dans la diffusion de l’information autour de l’industrie éolienne est de faire un choix dans l’actualité. Pour rester dans la région, il faut s’inquiéter de ce qui se passe côté Montoz et Grenchenberg. À voir ici: http://www.court.ch/pages/infos-parc-eolien.php

 
On se demande chaque jour comment on en est encore en Suisse, où l’information devrait vite circuler, à dépenser autant d’énergie et d’argent pour tenter d’imposer des éoliennes industrielles dans le mix énergétique national.

 - 625’000 francs de bénéfices par année et par éolienne?
Monsieur Brélaz hier matin et la journaliste de l’émission Forum mercredi soir sur la RTS ont affirmé que le prix de revient de l’éolien était tombé à 7ct le KWh sans subvention.
Problème? La Suisse contribue à raison de 20ct le Kwh à la production du courant éolien en Suisse via la RPC! Alpiq rêve de se débarrasser de son portefeuille dans l’hydraulique en Suisse et de se réfugier dans l’éolien, on commence à entrevoir pourquoi.

 Chers amis de librevent,

En ouvrant l'article que je vous adresse aujourd’hui, je me suis dit: « Encore un qui va essayer d’ajouter sa solution nucléaire au capharnaüm du marché de l’électricité actuel". Des prises de position qui entraînent une confusion totale pour les observateurs payeurs que nous sommes. Mais depuis quelques temps les articles se bousculent et au-delà de l’idéologie, de plus en plus expriment de la perplexité.

On nous accuse de ne pas être habilités à nous exprimer sur la transition énergétique, parce que nous ne sommes pas des experts. On nous demande, et je l’ai lu dans une étude récente, de laisser nos élus s’occuper de ces choses sérieuses... Posez trois questions pertinentes sur le marché de l’électricité à quelques élus et vous aurez tôt fait de mesurer l’ampleur de leurs ignorance (en dehors de ceux qui se sont engagés dans la lutte contre les éoliennes notamment et qui on été forcé de se documenter.)

On laisse tomber nos convictions, qu’elles soient estampillées à cornes ou avec des ailes, et on regarde les choses en face. L’article que je me permets de vous adresser pose un certain nombre de questions qu’il est bon d’avoir en tête lorsque l’on vit cette fameuse période de transition énergétique. Ce qui dirige le marché de l’électricité, de toute évidence, n’a plus rien à voir avec l’intérêt général. Nous sommes pris en otage par des apprentis sorciers qui ne vivent que dans la perspective du profit immédiat. Ne sortons pas nos croix dès que le mot nucléaire est avancé, gardons la tête froide et observons ceci:

de Jean-François Raux
La France découvre avec étonnement qu'EDF, un de ses fleurons industriels, est en grave difficulté. Sa capitalisation boursière est passée de 160 milliards d'euros en 2008 à 22 milliards aujourd'hui. C'est comme si l'Etat, actionnaire à plus de 86 % d'EDF, avait perdu deux ans d'impôt sur le revenu. Cette chute ne se limite pas à EDF : les géants européens de l'électricité (E.ON, RWE, Vatenfall, Engie…) ont perdu 75 % de leur capitalisation boursière depuis sept ans. La crise est sectorielle et européenne. Trois causes à cela.

La première, c'est la création de surcapacités massives de production d'électricité. L'objectif européen de 20 % d'énergies renouvelables, non lié à la réduction de consommation de pétrole et de charbon, a conduit au développement massif de surcapacités de production, alors que la consommation baissait par ailleurs du fait de la crise. Le développement du renouvelable s'est fait au détriment du gaz et du nucléaire. Pas du charbon ou du lignite.

En Allemagne, la production d'électricité au charbon ou, pis, au lignite, est restée constante entre 1990 et 2016. Les émissions de CO2 de l'Allemagne représentent toujours 16 fois celles de la France. Elles vont augmenter. En revanche, l'Allemagne a fait décroître sa production de nucléaire, totalement « CO2 free » et de gaz, beaucoup moins polluant que le charbon, mais non compétitif par rapport à lui faute d'un prix du CO2 suffisant ! Le résultat est donc l'émergence de surcapacités de production inutiles sur le plan climatique et coûteuses sur le plan économique.

La deuxième cause réside dans l'organisation du marché de l'électricité, qui ne permet plus ni d'investir ni de rentabiliser les investissements effectués. Les prix de gros actuels sont à moins de 30 euros le mégawattheure, alors que les coûts de production à couvrir sont a minima de 45 euros pour le nucléaire existant et de plus de 60 euros pour les énergies renouvelables les plus performantes. Ainsi chaque mégawattheure vendu sur le marché génère-t-il une perte de l'ordre de 15 à 35 euros. Pour EDF, avec des ventes de l'ordre de 400 térawattheures sur le marché, cela représente une perte globale de 8 à 10 milliards d'euros ! Quelle industrie peut vivre en ne recouvrant pas ses prix de revient ?

Mais c'est la troisième cause qui constitue le summum de l'incohérence européenne. Alors que la Commission répète urbi et orbi que seuls le marché et la concurrence peuvent bénéficier au consommateur, le résultat est totalement inverse dans le secteur de l'électricité. Les seuls investissements qui se font encore sont ceux qui sont subventionnés (les énergies renouvelables). Et pendant que les prix de gros s'effondrent, vers les 25 euros le mégawattheure, le client final voit sa facture augmenter régulièrement du fait du poids des subventions : en France, les subventions payées par le consommateur final sont passées de 3 euros en 2002 à 27 euros le mégawattheure au 1er janvier 2016. En Allemagne ces subventions atteignent 70 euros. Cette situation amène les entreprises historiques du secteur à déclasser leurs actifs « classiques » (moyens de production non subventionnés) pour ne garder que ceux qui sont subventionnés, les énergies renouvelables déclarées « business d'avenir », parce que dépourvues de risque du fait… des subventions !

A la clef, ce sont la sécurité d'approvisionnement et des centaines de milliers d'emplois qui sont en péril. Qui s'en soucie ?

En moins d'une décennie, la Commission européenne aura réussi, par une politique incohérente, à détruire les entreprises historiques du secteur électrique sans réellement construire une nouvelle industrie solide et apte à relever les défis du futur. Le bilan climatique est, quant à lui, quasi nul.

Il est donc urgent de redonner du sens à l'Europe de l'électricité. Un beau sujet pour la présidentielle de 2017. Car vital pour l'économie française et pour le rayonnement politique de la France dans une Europe dominée par la « bonne pensée » allemande.

Jean-François Raux

Jean-François Raux est ancien délégué général de l'Union française de l'électricité.


En savoir plus sur http://www.lesechos.fr/idees-debats/editos-analyses/021686745954-electricite-limmense-faillite-de-leurope-1199347.php?q8PQIjKiQWcRGxzm.99


Il y a un gros travail de réflexion et de résistance à faire avant d’avaler n’importe quelle pilule servie actuellement dans le domaine énergétique. Et on ne peut pas accuser ceux qui s’expriment comme ce M. J.F. Raux d’être ignorants, ils viennent du sérail. Franchement je ne pense pas qu’Isabelle Chevalley (au hasard) en connaisse plus sur les milieux de l’électricité que ce Monsieur? Je peux même vous affirmer avoir lu des courriels de personnalités placées au sommet de la politique nationale qui demandaient conseils au réseau anti-éolien romand! Ne sous-estimons notre capacité de comprendre et de décider ce qui est bon pour nous.

- Cop21, un décryptage sur le site géopolitique de l’électricité.

- Suisse Eole: recommandations de la commission de la transparence en faveur de Paysage libre! Une victoire bienvenue!

- Cinéma: "Je lutte, donc je suis » de Yannis Youlountas à ne pas manquer. En ligne ou à la Chaux-de-Fonds!

- Un nouveau ministre bien de chez nous!
- Aline Erard, conseillère communale de Saint-Brais, ne digère pas la perte de son second parc éolien et joue les voisines d’éoliennes comblées devant la caméra de Suisse Eole (association très proche des SIG et de l’ex-projet de Saint-Brais) 
- Une victoire extraordinaire des mexicains contre les multinationales du vent.

- Le compte rendu édulcoré du séminaire de Suisse Eole sur son site 

 

 

 

La conférence de Philippe Roch en Ajoie, la commune de Bure opposée aux éoliennes, des promoteurs qui  surévaluent les chiffres de production des éoliennes et les milliards des subventions publiques qui partent en fumée!

 Chers amis de librevent,

 
Pour votre information voici l’actualité, rédigée en partie par un observateur extérieur, ainsi qu' une invitation à la conférence de Philippe Roch mardi en Ajoie, en pièce jointe.
Bonne lecture et belle semaine.
Pascale

Vous l’avez sans doute entendu hier,  la Chine va construire 110 centrales nucléaires d’ici 2030. Cette information circule depuis longtemps dans les milieux avertis. Pourquoi cet intérêt soudain de la presse Suisse? Ou plutôt pourquoi autant de désintérêt toutes ces années?